pavot saluant un nuage... ou l'inverseGAÏA, LA TERRE


A tous les petits et les grands…


C’est une histoire que beaucoup de grands ne

savent pas. Un secret. Un secret qu’il faut dire à

tout le monde ! Tous les grands et tous les petits…

Car il y a toujours un petit dans un grand, même et

surtout s’il ne le sait pas.

Ça se passe sur une planète. Des planètes, il y en a

beaucoup. Tant et tant que l’on ne sait pas combien.

Une planète c’est rond. A peu près. Comme un

vieux ballon avec lequel on a un peu trop joué. Ratatiné,

avec des bosses,mais rond quand même. Avant,

il y a bien longtemps, on croyait que la terre c’était

plat… comme une galette.

Un homme avait bien dit le contraire, mais comme

il était seul à l’affirmer, on l’avait traité de vieux fou.

C’était quand on ne savait pas encore. Bien plus tard,

un cosmonaute est monté là-haut dans un avion-soucoupe

en forme de suppositoire et on a su ce qu’on

devinait déjà : les planètes étaient rondes. Le cosmonaute

a rapporté plein de choses de la lune : des

échantillons de cailloux, de la poussière d’étoiles…

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L’enfant en soi

Un jour, bientôt, tu pourras toi aussi aller sur la

lune et tu verras tout cela de tes propres yeux. Aussi,

garde-les toujours bien ouverts…

La terre, notre planète, ressemble à beaucoup

d’autres planètes. La nôtre est bleue. Les Anciens

l’appelaient… Gaïa.

Chaque planète a sa propre couleur et des couleurs,

il peut en exister des milliers. Nous, on a de

la chance car sur la nôtre il y a de l’eau. Si elle était

toute sèche, on ne serait pas nés. Avant, il y a fort

longtemps, nous vivions tous dans l’eau, nus comme

des vers. C’est une expression de grands qui signifie

qu’on n’a pas besoin d’habits. Forcément, dans

l’eau !

Pour vivre, la terre a besoin d’eau et d’air. Nous

aussi : on a soif, on doit respirer, on fait du feu pour

cuire les carottes qui elles ont poussé dans la terre.

Les carottes crues, ce n’est pas mauvais non plus,

mais un jour un homme en peau de bête a frotté deux

roches l’une contre l’autre, et ça a fait des étincelles.

Un peu trop près… et sa peau de bête a brûlé. Depuis,

on ne tue plus les bêtes pour s’habiller et on

peut manger les carottes cuites. Enfin, c’est presque

ça sans que cela le soit tout à fait. Toujours est-il que

le feu, lui, était né.

Il existe également beaucoup de choses dans l’invisible.

Du gaz, des ondes pour écouter la radio et

des chemins pour les oiseaux à travers les nuages.

L’homme ne sait pas encore vraiment voir le monde

de l’invisible. Parfois, un enfant, ou alors un homme

avec un coeur d’enfant, ou bien encore les chats,

savent capter la vie au-delà de la matière.

La terre a un noyau. C’est un peu comme un

cerveau. Le noyau est un gros aimant qui sert à nous

tenir debout. Sans quoi, on tomberait dans le ciel.

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Marie Duval

Alors l’aimant nous rattrape avant qu’on ne chavire

dans le vide. Mais on ne s’en rend pas compte, car

elle n’est pas bête la terre. Elle tourne et se cache

derrière son ami le soleil. Et pendant ce temps-là

nous on est dans la lune. C’est dire si elle nous aime

la terre !

Au milieu de la terre, autour du noyau, il y a une

sorte de bouillie très chaude et d’un rouge formidable.

On appelle ça du magma. Pour protéger la

terre, il y a une croûte. Comme notre peau. Mais

par endroits, il y a des bosses sur la croûte. Quand il

fait un peu trop chaud au milieu du globe, ça éclate :

BING… BANG !! Et même plus fort que ça !…

La bouillie rouge se met alors à jaillir à toute vitesse

des entrailles de la terre. C’est un volcan, telle une

montagne en colère. C’est un peu comme un bouton

quand un moustique vous pique sur le nez. Et

Zac ! D’un coup. On n’a pas eu le temps de le voir

venir. Le volcan, pas question de lui mettre un pansement,

il enverrait tout balader. Alors, on attend. Il

se calme tout seul. Ca n’a pas bon caractère un volcan

! Mais on l’aime bien quand même car les couleurs

qui sortent de sa bouche sont magnifiques. Il

y a du rouge flamboyant, de l’orange tout chaud, du

carmin, du vermillon… Des couleurs qu’on ne voit

pas partout. Parfois, le volcan fait irruption sous la

mer. La bouillie rouge se met alors à gicler d’un jet

du fond de l’eau et vient se mélanger avec les vagues

jusqu’à la surface. Il faut voir ça ! Un spectacle fabuleux.

Les poissons, eux, se faufilent entre les vagues

à tire-d’aile. Il faut dire que l’eau est un peu chaude

dans les parages !

Tout ça pour te dire que la terre et nous c’est pareil.

Absolument pareil ! En moins rond bien sûr !

Un homme respire, bouge, chante. La terre, le soleil,…

tous les astres, émettent des sons et chantent.

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L’enfant en soi

Seulement voilà, on fait souvent tellement de bruit

qu’on n’entend plus rien d’essentiel.

Chaque homme est une petite planète à lui tout

seul. Et tous les hommes forment un grand tout.

Chaque être est comme une petite partie de l’univers.

Pour les animaux, les plantes et tout ce qui existe,

c’est identique. Car tout vit, même ce qui semble

sans vie. C’est dire l’importance de chaque chose.

Sur la terre, il y a nous. Et dans nous, il y a aussi

plein de petites planètes : ce sont des cellules, avec

un noyau, le plasma, et une peau tout autour. Les

cellules prennent soin de notre santé. Elles doivent

toujours être en pleine forme. C’est pour cela qu’on

leur donne la meilleure nourriture, l’eau la plus pure,

sans quoi on rabougrit vite fait.

De grands savants, qui sont parfois aussi des

poètes, ont découvert que dans chaque cellule — et

tu penses bien qu’il y en a des milliards — il y a le

monde entier représenté en tout petit, en microscopique.

Eh oui ! Car le monde est un hologramme.

ça c’est une trouvaille ! La révolution des idées.

Lorsqu’on est en pleine forme, on peut s’amuser à

l’ombre d’un arbre qui dort au soleil, ou cultiver des

fleurs, aller à l’école en chantonnant, rire avec les

copains et faire ce que bon nous semble. Les grands,

eux, pendant ce temps donnent des graines à manger

à la terre et elle, elle nous fabrique du pain avec du

blé. Ils rient aussi parfois, bien qu’en vieillissant,

ils rigolent moins souvent. Peut-être parce qu’ils

ont perdu leur âme d’enfant. Pourtant, c’est simple,

magique et fantastique. C’est la vie quoi !

Sur la terre, circule une multitude de rivières pour

irriguer le monde. Notre corps, qui fait tout comme

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Marie Duval

la terre, a besoin d’eau en réserve, car sans eau, il

serait comme une vieille pomme ratatinée. Nous

sommes à l’image de la terre, notre mère, et nous

les hommes, nous avons aussi nos propres rivières.

Ce sont des vaisseaux. Sur la peau, ça fait des routes

bleues, mais dedans, l’eau elle est rouge : c’est du

sang. C’est très important le sang, car si on en perd

beaucoup, on ne peut plus vivre. Sauf, si un autre

homme nous en donne un peu. Il faut réussir à

trouver le bon bonhomme au bon moment car tous

les sangs, bizarrement, ne peuvent pas se mélanger.

Mais si tout se passe bien, regonflé à bloc, avec notre

nouveau sang, on peut continuer à rire et à siffloter.

Les forêts, quant à elles, protègent la terre. Les

arbres sont les cheveux de la planète. Et si on les

lui arrache, elle s’enrhume. Et quand elle éternue,

ça fait des dégâts. Tout le monde est secoué ; de véritables

cataclysmes. Certains hommes veulent déraciner

les arbres, tuer les forêts. Oui ! Ils tirent la

terre par les cheveux. Ca lui fait très mal. Elle crie,

la terre. Ils n’en ont que faire. Ils continuent. On dirait

que personne ne veut l’entendre pleurer, la terre.

Mais…les enfants ne les laisseront pas faire. Car ils

savent, eux ! Ils savent que sans arbre, on devient

mort.

Les arbres, ils nous fabriquent de l’oxygène.

C’est de l’air pur. Ils récupèrent notre vieil air qui

nous a servi pour marcher et faire du vélo et ils

nous en refont du neuf. En plus, sans chevelure, la

terre, elle aura l’air d’un vieux crâne chauve avec

des bosses. Et puis nous là-dessus, on aura froid.

Forcément ! Et après, qui est-ce qui lui tricotera

un bonnet à la terre ? Personne. Il n’y aura jamais

assez de laine. Et puis, sans arbres, il n’y aura plus

d’oiseaux, plus d’écureuils… Il n’y aura plus rien.

Un désert glacé. Voilà ce qui finira par arriver !…

Parce que le soleil, lui, sans arbres et sans oiseaux,

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L’enfant en soi

il ne voudra pas rester. Il trouvera que c’est trop

triste. Il a besoin d’entendre chanter. ça donne de la

force, une chanson !

Ces hommes-là, ceux qui cassent les forêts, on dirait

qu’ils ne savent rien. Alors, les enfants ont appris

les lettres. Et tous ils vont écrire. Au Président de la

République, aux écologistes pour qu’ils avancent encore

plus vite, aux chasseurs de tous poils et même

à ceux qui ont des cervelles d’oiseau. Et ils vont leur

dire. En rouge et en majuscules !… car on dirait

qu’ils ne voient pas bien clair, ces bonhommes-là,

ceux qui tuent les forêts et les animaux qui y habitent.

Ils vont leur dire les quatre vérités ! Certains enfants

proposent même de faire une collecte de pièces

jaunes pour leur acheter des lunettes. Ils leur diront

qu’il faut planter des arbres et ne plus faire de mal à

la Terre à tout bout de champ.

Dans les villes, c’est pareil. L’air qu’on respire, il

doit être propre. Même les vaches attraperaient des

allergies si elles se promenaient sur les trottoirs. Les

vaches mangent de l’herbe vert foncé et respirent de

l’air transparent. Elles ne sont pas folles les vaches !

Un arbre, ça vit beaucoup plus vieux qu’une vache.

Ca met aussi bien plus de temps à grandir. Il faut

plusieurs vies de vaches pour devenir un bon grand

arbre. Ca paraît pas tout ça !

Bon ! Et si on allait manger une poignée de cerises…

Comme ça, on verrait bien que tout ça, c’est

rond, avec un noyau, de la chair et une peau autour.

A condition de ne pas les croquer trop vite et de ne

pas avaler le noyau !

Et voilà, la Terre est notre mère. A tous. Et avant,

la Terre était la mer. Et c’est pour ça que les éléphants

ont une trompe. Quand toutes les espèces vivaient

dans l’eau, à l’époque où toute la Terre était

inondée, la trompe, aux éléphants, elle leur servait de

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Marie Duval

tuba pour respirer. Et peut-être l’utilisaient-ils aussi

comme périscope ! Ca, les savants ne le disent pas.

Un dernier secret !… As-tu déjà pensé à écouter

ton souffle quand tu respires fort par le nez dans le

silence ? Tu entendras le ressac de la mer, son flux

et son reflux. Car comme la mer et la Terre, nous

respirons. A l’unisson. Si possible. Car tout avance

et tourne sur le même rythme. En choeur. C’est

simple. C’est l’harmonie du grand et du petit.

Et s’il t’arrive de pleurer de joie devant tant de

beauté, goûte tes larmes. Tu verras qu’elles ont gardé

le parfum de la mer, du temps où tous les êtres y

habitaient. C’est la mémoire de l’eau… Filet d’eau

salée qui devient goutte sur ta joue. Une goutte qui

nous rappelle Gaïa. Gaïa la ronde.

Et l’amour est-ce que c’est rond ? Ben forcément

!!! Sinon, on aurait tous des têtes au carré…

comme les robots dans les boîtes de Lego !

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SOMMAIRE

LES VALISES .......................................................... 7

DANS LES BARBELÉS ............................................ 15

ÉROS AURA RAISON DE THANATOS ..................... 19

GAÏA, LA TERRE .................................................... 25



 planéte air 
(c) Marie Duval

 

 

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